Le vertige de la transmission
Peintures à l’huile et rituels en mémoire des ancêtres
L’aube de la tempête, 2023, huile sur papier Arches, 121 × 95 cm
“J’ai réalisée cette peinture peu de temps après la tempête Ciarán en 2023. Alors que la tempête approchait, nous avions envie de profiter des derniers moments de calme. C’était un instant merveilleux, il n’était pas trop tard pour sortir ramasser des châtaignes avec ma sœur. Ensemble nous étions portées cette sensation profonde de ne faire qu’un avec la nature. Nous mesurions notre chance de partager quelque chose d’aussi simple dans cet instant critique.”
Note d’intention
La peinture de Marie Michelle Le Millier s’articule autour d’un vertige géographique et mémoriel. Profondément habitée par sa culture créole, son histoire et ses origines mauriciennes, l’artiste conçoit sa pratique picturale comme un acte de transmission et un hommage vibrant à ses ancêtres. Son œuvre n’oppose pas ses territoires d’appartenance, elle les fait résonner dans un espace fluide où l’Océan Indien et le littoral breton se superposent, illustrant cette pensée du Tout-Monde où les cultures se rencontrent et s’interpénètrent sans jamais s’effacer.
En travaillant principalement l’huile sur papier Arches, l’artiste explore la porosité du support pour traduire l’impossibilité de segmenter l’identité. S’inscrivant dans une véritable poétique de l’espace, sa peinture saisit le moment où les repères géographiques s’effacent : lorsqu’un paysage ou une scène vécue en Bretagne réveille instantanément l’écho d’un lieu mauricien, et vice-versa. Rien n’est figé tout dérive. Ses scènes de genres, rituels du quotidien, gestes du littoral, moments partagés deviennent les motifs d’une mémoire collective en mouvement, des rites de transmissions qui traversent les générations et les océans.
Sa technique, marquée par les ratures, les repentirs et une simplification formelle des figures, matérialise une tension entre l’apparition et l’effacement du souvenir. Marie Michelle Le Millier ne cherche pas à figer le passé mais à donner corps à une continuité spirituelle et humaine. Les formes épurées deviennent des réceptacles universels, des ponts poétiques jetés entre les époques et les rivages pour célébrer ce qui persiste et se transmet.
Fragments de mémoire
Tell Me Why You Always Fight, 2024, huile sur papier, 170 × 130 cm
Kalamindas, 2024, huile sur papier, 33 × 24 cm
The High Yellow Moon Wont Come out to Play, 2024, huile sur papier, 130 × 110 cm - Cliquer sur l’image pour consulter sur Artsy -
Height house, 2024 huile sur papier tiré sur châssis, paillettes, 33 × 24 cm - Cliquer sur l’image pour consulter sur Artsy -
Mirrors and Windows, 2024, huile sur toile, 61 × 50 cm - Cliquer sur l’image pour consulter sur Artsy -